Charles Thomas: Au cœur de Cos d’Estournel

Lorsque j’ai rencontré en avril 2022 Charles Thomas pour évoquer ses choix stratégiques et les défis de son quotidien, je lui ai posé la question rituelle : « Parlez-nous de vous. » Il m’a offert la réponse la plus concise de tous mes entretiens : « Je suis un Bourguignon arrivé à Bordeaux il y a sept ans, et avant tout un grand amoureux du vin. » Une phrase brève, directe — à son image. Ses racines bourguignonnes y sont sans doute pour quelque chose : un tempérament sans détour, « no-nonsense ». Vous pouvez trouver tout l’entretien sur notre site. Cette fois, nous l’avons accueilli au bureau pour une dégustation suivie d’un déjeuner avec Roland et l’équipe commerciale. Les conditions étaient idéales : de très beaux vins, des échanges francs et animés, et une discussion commerciale riche dont nous partageons ici les moments forts.

Charles Thomas

Directeur Commercial du  Château Cos d’Estournel et des Domaines Reybier

Cos d’Estournel : terroir protégé, précision parcellaire et signature de style

Gerda Beziade : Charles, quels sont selon toi les arguments commerciaux les plus différenciants de vos marques, ceux qu’il faut mettre encore davantage en avant ?

Charles Thomas : D’abord, pour Cos d’Estournel, où tu es venue plusieurs fois, il y a évidemment le terroir. Il est magnifique, situé tout au nord du Médoc, et surtout protégé des aléas climatiques, qu’il s’agisse du gel ou des fortes chaleurs. Nous avons cette masse d’eau à côté, la Gironde, large de huit kilomètres à cet endroit, qui joue un rôle de régulateur thermique. Le vignoble peu gélif. L’estuaire nous a protégés, À quelques reprises lors d’épisodes de gel dans le Médoc. On n’est jamais dans l’extrême. On parvient toujours à des équilibres mesurés. Ce qui est impressionnant, et on le voit encore avec le millésime 2025 à venir : il a fait chaud, comme en 2018 ou 2022, mais on arrive malgré tout à garder des degrés d’alcool modérés, autour de 13°. C’est aussi la magie de Bordeaux. Même avec des températures plus élevées ces dernières années, il peut y avoir un phénomène de blocage végétal qui limite l’accumulation des sucres. Résultat : des vins avec des niveaux d’alcool très maîtrisés. Et cela tient beaucoup à notre climat et à cette position au nord du Médoc.

Cette protection de l’estuaire vaut également pour G d’Estournel et Cos Blanc, qui sont encore plus au nord, à environ 25 kilomètres de Cos, à la pointe de l’estuaire. Là-bas, nous sommes à une dizaine de kilomètres de l’océan Atlantique, et à quelques centaines de mètres de la Gironde, qui atteint environ dix kilomètres de large à cet endroit. Là aussi, la régulation climatique est déterminante notamment pour le maintien des acidités.

Ensuite, il y a la nature même du terroir. “Cos” signifie en vieux français “colline de graves”. Nous avons de magnifiques croupes graveleuses, avec de très belles expositions, plutôt est et nord-nord-est. À l’inverse, Cos Labory est davantage orienté vers l’ouest : ce sont des nuances d’exposition qui créent de vraies différences d’expression retranscrites ensuite en nuances d’expressions aromatiques dans le verre.

À cela s’ajoute la vision du propriétaire, M. Reybier, arrivé en 2000. Il a été l’un des premiers à Bordeaux à se doter d’un chai gravitaire. L’idée est simple : intervenir le moins possible entre la vendange et le vin final, afin de restituer le plus fidèlement possible l’expression du terroir.
Ce chai n’est pas un objet marketing destiné à impressionner. C’est un outil, au sens presque architectural du terme — comme le Disait Jean Nouvel, a propos de sa rénovation de l’Opéra de Lyon, “un outil réduit à l’expression de sa fonction”. Il est entièrement pensé pour servir le vin.

Grâce à cet outil, malgré une surface significative, nous pouvons travailler avec une grande précision parcellaire. Nous disposons de nombreuses cuves distinctes, ce qui permet de déguster un échantillon par cuve au moment des assemblages, avant Noël : près de 80 échantillons.

Cela nous donne une lecture extrêmement fine du terroir et une grande précision dans l’assemblage. C’est aussi cela, aujourd’hui, notre véritable différenciation.

À l’heure d’une recherche accrue de singularité de terroir et de buvabilité plus précoce, l’élément géographique associé à l’élément technique exprimés plus haut nous permettent pleinement de répondre à cette attente du consommateur.

GB : Quant à Pagodes de Cos, le deuxième vin de Cos d’Estournel, est-il issu d’une sélection parcellaire ou d’une sélection après dégustation ?

CT : Pagodes de Cos a été créé en 1994. Nous avons donc célébré ses 30 ans en 2024, avec une bouteille spéciale pour l’occasion.

Environ 90 % du vin provient de parcelles historiquement dédiées à Pagodes. Les 10 % restants varient selon le millésime : c’est une part d’ajustement, décidée après dégustation.

Il y a toujours une proportion plus importante de merlot dans Pagodes que dans Cos d’Estournel, ce qui lui donne une approche plus accessible, plus immédiate. D’ailleurs, je préfère parler d’« autre vin » plutôt que de « deuxième vin ». Pagodes possède sa propre identité. L’âge moyen des vignes est d’environ plus de 40 ans, ce qui ne fait pas de Pagodes un second vin dans le sens bordelais du terme, et ce qui lui donne aussi de la profondeur.

Au-delà de l’origine parcellaire, il y a surtout une philosophie gustative. Chaque année, lors des dégustations pour les assemblages du nouveau millésime, nous suivons un profil aromatique précis que nous cherchons à maintenir. Il y a une continuité stylistique et une accessibilité continue pour les amateurs de Pagodes.

GB : C’est un peu le même esprit que dans les grandes maisons de Champagne.

CT : En quelque sorte, mais le vin sera toujours un reflet du millésime.

GB : Pour Cos, en revanche, l’impact du millésime est certainement plus marqué.

CT : Nous avons la chance, à Bordeaux, d’avoir des millésimes très différenciés les uns des autres. Le climat océanique impose ses règles : certaines années sont très chaudes, d’autres plus pluvieuses — on peut avoir deux mois de pluie. Cette variabilité, historiquement propre à Bordeaux, explique aussi en partie le « yo-yo » des prix, souvent lié à la perception des millésimes.

Ce que je trouve magnifique, c’est qu’un millésime considéré comme plus léger ou moins solaire, comme 2017 ou 2021, peut se révéler plus accessible dans sa jeunesse. À l’inverse, des millésimes iconiques comme 2010, 2016 ou 2022 demandent généralement davantage de patience — cinq à dix ans, plus facilement.

Cela dit, dans chaque millésime, on retrouve toujours chez Cos d’Estournel une trame singulière, portée notamment par le cabernet sauvignon, qui apporte ces notes épicées, légèrement poivrées, perceptibles après quelques années de garde. Nos vins reviennent toujours à la maison, tôt ou tard.

Ce qui varie d’une année à l’autre, c’est le style du millésime — jamais la qualité. Nous avons vu plus haut les moyens mis en œuvre au service de l’excellence.

GB : Comment interprètes-tu l’impact du changement climatique sur le style des millésimes ?

CT : Si l’on remonte 50 ans en arrière, il y avait peut-être un ou deux grands millésimes par décennie. Aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse : deux ou trois années par décennie sont moins remarquables.

Le changement climatique est évident, mais il y a aussi d’autres facteurs. Les cabernets-sauvignons mûrissent beaucoup mieux, et nous avons fait de réels progrès techniques : meilleure connaissance des parcelles, de la réaction des sols, vinifications adaptées, outils technologiques qui permettent des macérations plus fraîches et plus courtes.

Donc, climat et technique se conjuguent pour améliorer la qualité. Peut-être que ce n’est pas politiquement correct à dire, mais le changement climatique nous aide aujourd’hui à produire de meilleurs vins.

GB : Cos d’Estournel peut vieillir remarquablement bien, mais tout ce que tu dis implique aussi que sa buvabilité dès son jeune âge s’est améliorée.

CT : Exactement. Deux facteurs expliquent cela. Premièrement, le climat : les cabernets-sauvignons mûrissent mieux qu’avant, ce qui réduit les risques de végétal et d’amertume.

Deuxièmement, il y a une volonté à Bordeaux de privilégier des macérations plus douces et plus fraîches, pour offrir un vin plus digeste et accessible dès sa jeunesse.

Par ailleurs, les habitudes de consommation ont changé. Le consommateur a changé, le monde a changé. Aujourd’hui, beaucoup de clients veulent pouvoir déguster leur vin rapidement. On ne stocke plus forcément les bouteilles dans des caves comme autrefois. La consommation est plus immédiate : un vin doit pouvoir se boire jeune tout en conservant sa qualité et sa perception gustative.

Dégustation Charles Thomas avec l'équipe commerciale RCA
Dégustation Charles Thomas avec l'équipe commerciale RCA

Domaines Reybier : G d’Estournel, Cos Labory en renaissance, cap sur le bio et millésime 2025

GB : Dans l’entretien de février 2022, tu avais dit être fier car c’était la première fois que vous proposiez cinq vins en primeurs, dont le G d’Estournel. Si tu devais résumer ce vin en quelques phrases vendeuses, quelles seraient-elles ?

CT : Avec G d’Estournel, nous avons dorénavant une approche différente : nous travaillons par exclusivité de marché. Chaque marché et chaque négociant dispose de son allocation afin de protéger la distribution sur un marché donné et d’éviter ainsi les pratiques de concurrence liées à l’open market qui pourraient déséquilibrer les prix.

G d’Estournel mérite plus d’attention de la filière. C’est un vin qui réunit tout ce que recherche le consommateur : plaisir et immédiateté, sans intellectualisation.

Nous avons déjà plusieurs marchés ouverts en Asie, en Europe et aux États-Unis. C’est, selon moi, l’avenir de ce type de vins : des vins « distributifs », mais toujours via nos partenaires et négociants de la Place de Bordeaux. Que vos clients/lecteurs de ce courrier n’hésitent d’ailleurs pas à se prononcer pour mettre en place ce procédé.

GB : Pourquoi “plus distributifs” ?

CT : Ce mot très bordelais est en effet un terme valise qui veut tout et rien dire. C’est lié au profil aromatique et inévitablement au prix. Nous voulons un vin agréable dès son jeune âge, très merlot, avec un élevage peu marqué, très fruité et accessible.

GB : Peux-tu nous en dire plus sur le terroir et la surface de G d’Estournel ?

CT : Nous avons une vingtaine d’hectares situés à 25 km au nord de Cos d’Estournel. Au début du rachat, le vin s’appelait Goulée, du nom du port de Goulée. Ce lieu est magnifique : les Hollandais y avaient asséché les marais au XVIIᵉ siècle. Les croupes graveleuses y sont un peu moins épaisses qu’à Saint-Estèphe ou Pauillac, avec un peu plus d’argile et un climat plus frais. Le merlot y prospère particulièrement : il domine l’assemblage à 75–80 %.

Les vignes de blancs, avec lesquelles nous produisons le Cos Blanc, sont plantées sur une dizaine d’hectares dont certains avec de belles qualités de calcaire, ce qui apporte beaucoup de fraîcheur et une acidité parfaite aux vins blancs.

GB : En 2023, M. Reybier a racheté le voisin Cos Labory. Comment souhaitez-vous différencier ce vin ?

CT : Cos Labory compte 35 hectares, dont une bonne partie sur le plateau de Cos, situés à proximité de Cos d’Estournel. L’exposition est différente, plus à l’ouest et au nord, ce qui lui confère un caractère différent. Nous connaissons bien le terroir sur le plateau, mais il faut du temps pour en cerner les subtilités. Nous avons maintenant trois ans de recul et avons lancé des études approfondies du sol afin d’en avoir une connaissance affinée.

Les premiers millésimes pleinement liés à l’ère Reybier sont 2023, 2024 et 2025. Nous avons procédé à une étude parcellaire, travaillé sur la réception des vendanges avec des conduits à froid, réduit la durée des macérations, la fréquence des remontages, et limité l’usage du bois neuf à environ 20 %. L’objectif est un vin plus accessible, harmonieux, élégant, avec des tannins affinés.

GB : Dans le classement de 1855, c’est le nom qui est classé, pas le terroir. Avez-vous donc une certaine liberté ?

CT : Oui, et pour l’instant nous nous concentrons sur la qualité. Cos Labory n’a plus de second vin : les cuves qui ne répondent pas aux standards seront vendues en vrac. C’est un cinquième cru classé, comme Lynch-Bages ou Pontet-Canet. Hisser ce cru prendra du temps, et nous n’avons qu’une chance par an de le prouver.

Nous sommes très heureux de présenter le millésime 2025, qui est magnifique. Nous savons que les conditions sont compliquées : certaines marques sont moins attendues que d’autres en primeur. Mais nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur Cos pour faire davantage connaître Cos Labory.

GB : Quel est le marché historique de Cos Labory ?

CT : Cos Labory était essentiellement distribué en France. En voyageant aux États-Unis, en Asie ou en Europe, je me rends compte que les gens connaissent Cos d’Estournel, mais s’arrêtaient peu sur Cos Labory, ne goûtaient pas forcément. Nous avons donc un potentiel de croissance formidable sur des marchés peu développés jusque-là.

Nous produisons environ 5 000 caisses. Le terroir est magnifique mais le vin peu promu jusque-là. Il y a un vrai travail de communication et d’effort commercial à mener.

GB : Quel investissement avez-vous fait à Cos Labory depuis votre rachat ?

CT : Nous avons investi des moyens humains et techniques pour étudier le sol, complanter si nécessaire des cépages plus adaptés en fonction des sols, et cela prend du temps pour vraiment connaître un domaine et la réaction de son terroir.

Les cuves sont en parfait état et parfaitement fonctionnelles, et l’espace est superbe. Plus que ça, c’était un lieu de vie familiale, et l’on s’y sent un peu chez soi.

GB : Le rachat de Cos Labory était donc une opportunité à ne pas manquer pour M. Reybier ?

CT : Absolument. Cos Labory porte le nom « Cos », et historiquement, il appartenait à Louis-Gaspard d’Estournel en 1847, ce qui ajoute une dimension patrimoniale. En 2016, M. Reybier a aussi acheté la demeure de Louis-Gaspard d’Estournel : la Maison d’Estournel, que nous avons transformée en hôtel. Quand nous avons racheté Cos Labory en 2023, nous bouclions en quelque sorte l’histoire et les acquis historiques de Louis-Gaspard d’Estournel.

GB : Sur quels projets futurs travaillez-vous ?

CT : Nous avons de grands projets sur la conduite des vignes : toutes nos propriétés sont en conversion biologique.

GB : Pourquoi avez-vous pris cette décision ?

CT : D’abord, nous n’aimons pas trop communiquer là-dessus, car c’est avant tout une conviction, pas un faire-valoir. Mais c’est un projet important et passionnant. Les ouvriers sont encore plus impliqués dans les vignes, ce qui a un vrai impact social.

En bio, on utilise des produits plus respectueux de l’environnement et des équipes. Cela oblige à être plus attentif à la vigne, à observer comment elle réagit. Cette approche crée une proximité plus intuitive et intime entre l’ouvrier, le responsable de parcelle et la vigne. C’est quelque chose que nous n’avions pas pleinement anticipé, et c’est très intéressant sur le plan sociétal et social.

Nous menons ce projet depuis plusieurs années. Le propriétaire tient à ce que ce ne soit pas un outil de communication : c’est une conviction, un engagement pour transmettre les propriétés aux générations futures. C’est une étape nécessaire, mais pas suffisante.

GB : Peux-tu nous dire quelques mots sur le millésime 2025 ?

CT : Nous sommes ravis de ce millésime. Les rendements seront assez faibles. Mais 2025 s’annonce exceptionnel. Le millésime est surprenant, avec une suavité et une accessibilité impressionnantes.

Malgré la chaleur et le stress hydrique que nous avons connus, les degrés d’alcool restent raisonnables. C’est la magie de Bordeaux : même avec des chaleurs répétées et un stress hydrique marqué, les vins restent digestes et élégants. Notre 2025 conjugue harmonie, densité et énergie dans aucun excès.

GB : C’est peut-être la grande différence avec 2022, également chaud et sec, mais avec des degrés d’alcool plus élevés.

CT : 2022 présentait surtout un aspect aromatique plus opulent, avec un degré légèrement supérieur, certes. En 2025, comme sur tout millésime en situation de stress hydrique, la feuille cesse de travailler, moins de glucose se forme et donc moins d’alcool. C’est un phénomène physiologique lié au millésime. Nous avons cependant connu la fin de la chaleur après un épisode pluvieux fin août, ce qui est une différence notable avec 2022.

Le résultat ? Nous attendions quelque chose de plus opulent et exubérant, mais c’est le contraire. Le vin est fin et très délicat. Il a tout, mais sans excès.

Les Vins Dégustés

G d’Estournel 2022 :

67% merlot, 29% cabernet sauvignon, 3,6% cabernet franc et 0,4% petit verdot.
Charles a raison, c’est un vin séduisant. Il a une attaque ce qu’on aime d’un beau merlot… Made in Médoc : près que crémeux mais avec une colonne vertébrale. Un vin qui séduit tout le monde, même les consommateurs qui ne sont pas fans de Bordeaux, car ce vin est généreux et superviser par l’équipe de Cos d’Estournel.

Cos Labory 2018 :

54 % cabernet sauvignon, 38 % merlot et 8 % petit verdot.
Millésime solaire, 2018 convient particulièrement bien au style de Cos Labory. Le vin s’inscrit pleinement dans la trame d’un Saint-Estèphe, plutôt masculin, exprimant un fruit noir profond soutenu par un bel équilibre. Le cadre tannique, présent et structurant, apporte caractère et tenue à l’ensemble.

Pagodes de Cos 2020 :

58% cabernet sauvignon, 34% merlot, 4% cabernet franc et 4% petit verdot.
Les vignes ont un âge moyen de 40 ans. On peut à juste titre dire que ce vin est une autre sélection de Cos d’Estournel avec la même trame stylistique. Il a des notes de crème de fruits noirs, en bouche on sent la générosité du millésime. Il est gourmand mais très bien équilibré car la fraîcheur apporte le vin vers une très belle final.

Pagodes de Cos 2016 :

50% cabernet sauvignon, 46,5% merlot, 3% petit verdot et 0,5% cabernet franc.
2016 est sans doute avec 2010, l’un des plus grands millésimes dans sa grandeur de noblesse classique à Bordeaux. Tout y est et à l’aveugle on reconnaît le style Cos mais par on peut se tromper car le vin va plus loin qu’un « simple » 2ème vin. Il est profond avec un équilibre parfait et quelques fois il manque des mots pour décrire, j’ai donc décidé d’acheter une caisse.

Cos d’Estournel 2012 :

75% cabernet sauvignon, 22% merlot, 2% cabernet sauvignon et 1% petit verdot.
Cos d’Estournel a toujours des aromes d’épice, qu’on trouve aussi dans ce vin et qui sont mêlé avec des fruits rouges. Le mentholé et la fumée de cèdre sont présent également. Le vin est très bien équilibré et est dans un cadre élégant. La final est persistante et séduisante.

Cos d’Estournel 2018 :

74% cabernet sauvignon, 23% merlot, 2% cabernet sauvignon et 1% petit verdot.

Ce vin est le vin du millésime pour Jane Anson et je suis d’accord avec elle, dont voici ce-qu’elle a écrit sur ce vin…. Près que parfait : À peine passée la frontière de Pauillac vers Saint-Estèphe, le Cos d’Estournel de Michel Reybier est, pour moi, le vin du millésime 2018 à Saint-Estèphe. Peut-être parce qu’il révèle souvent des notes d’épices — curcuma, cannelle, safran — et que les retrouver en 2018 paraît fidèle à la signature aromatique de la propriété, plutôt que d’être excessivement marqué par les conditions du millésime.

On y trouve complexité et puissance, mais aussi des fruits de damas, de figue, de cassis et de mûre, accompagnés de tanins charpentés. La fraîcheur des acidités en finale entretient un véritable élan ; c’est un vin ambitieux et puissant, qui assume parfaitement cette stature.

65 % de la production ont été intégrés au grand vin. 50 % de bois neuf (un peu moins que les 60 % habituels).

Cos Blanc 2020 :

66% sauvignon blanc, 34% sémillon.
Grâce au sol calcaire, la situation au bord de l’estuaire, les vignes n’ont pas souffert en 2020. Le vin a des arômes d’un sauvignon pur, citrus, fleurs et fruits blancs. Après 6 ans le sémillon se montre davantage : d’ananas et mirabelle. Le vin est ciselé et a de la salinité. Un grand vin blanc… même le Bourguignon, Charles Thomas, peut que l’admettre.

En Résumé :

  1. Terroir d’exception au nord du Médoc, protégé par la Gironde → équilibre naturel et fraîcheur, même dans les millésimes chauds
  2. Signature aromatique constante : épices, précision, élégance, portée par le cabernet-sauvignon
  3. Chai gravitaire & travail parcellaire ultra-fin : pure expression du terroir, pas d’artifice
  4. Une gamme lisible et complémentaire :

    • Cos d’Estournel : grandeur, profondeur, garde
    • Pagodes de Cos : identité propre, accessibilité maîtrisée
    • Cos Labory : puissant, aux fruits noirs profonds et plutôt masculin
    • G d’Estournel : Bordeaux moderne, fruité, immédiat
    • Cos Blanc : fraîcheur, tension, grand blanc d’estuaire
  5. Une vision long terme Reybier : conversion bio (1er millésime certifié en 2026), renaissance de Cos Labory

    Ce sont des vins élégants, digestes et durables, capables de séduire aujourd’hui et de traverser le temps.

Image de Gerda Beziade
Gerda Beziade

interview des personnalités du milieu viticole pour mieux appréhender ses enjeux et comprendre la réalité des propriétés de notre Maison.

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